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Peut-on prévoir une sécheresse?

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Ne serait-il pas formidable de savoir un mois à l’avance si l’eau va se raréfier?Il serait alors envisageable de sauver des poissons, de commencer à économiser l’eau potable plus tôt. Avec ses prévisions à 30 jours sur secheresse.ch, l’équipe de recherche dirigée par l’hydrologue Massimiliano Zappa rend cela possible.

  

Les faits essentiels en bref:

  • La sécheresse se produit lorsque trop peu d'eau - l'eau de pluie ou aussi d'eau de fonte - s'écoule dans une région sur une longue période.

  • La prévision de la sécheresse nécessite des données sur la quantité d'eau, des prévisions météorologiques et des ordinateurs rapides.

  • Les agriculteurs, les exploitants de centrales hydroélectriques et les municipalités étudient déjà les prévisions de sécheresse.

 

Transport par les airs: durant l’été 2018, des hélicoptères de l’armée ont transporté plusieurs milliers de litres d’eau du lac de Walen vers l’alpage Oberchäseren (canton de St. Gall) pour éviter que les vaches et le bétail ne meurent de soif. En raison de la sécheresse, de nombreuses sources de montagne s’étaient taries.

Dans le futur, les étés chauds et secs comme celui de 2018 se multiplieront. Cela pose des problèmes non seulement aux agriculteurs, mais aussi aux centrales hydroélectriques et aux distributeurs d’eau potable. Afin qu’ils soient tous mieux préparés à affronter une pénurie d’eau, il faudrait les informer le plus tôt possible de l’imminence d’une sécheresse.

 

Massimiliano Zappa est hydrologue, c’est-à-dire spécialiste des sciences de l’eau. Il travaille depuis 2010 au projet de recherche « secheresse.ch » du WSL, dont l’objectif est de prévoir la sécheresse, un peu comme une prévision météorologique annonce la pluie. Mais alors que l’échéance des prévisions météo n’est «que» de cinq jours, les chercheurs du WSL veulent prévoir la sécheresse jusqu’à quatre semaines à l’avance.

Pour ce faire, les chercheurs doivent connaitre non seulement les quantités de précipitations, mais aussi où l’eau s’accumule et comment elle s’écoule à nouveau. Regarde l’illustration d’un cycle de l’eau simplifié. La pluie - ou la neige – qui tombe des nuages s’écoule dans les rivières et dans les nappes phréatiques sous la surface terrestre. Une partie est stockée dans les lacs, dans le sol ou sous forme de neige. De là, l’eau s’évapore à nouveau avant de se condenser dans les nuages.

 

En additionnant tous les flux entrants et sortants, les scientifiques peuvent calculer la quantité d’eau à un moment dans une zone donnée. Si le volume d’eau qui sort est supérieur à celui qui entre sur une longue période, les experts parlent alors de sécheresse.

Au sens strict, les hydrologues distinguent même trois types de sécheresse :

  • Sécheresse hydrologique : trop peu d’eau dans les rivières et les lacs
  • Sécheresse météorologique : trop peu de pluie ou de neige
  • Sécheresse agricole : trop peu d’eau dans le sol (humidité du sol)
 

Scruter la boule de cristal

Mais en ne connaissant que la quantité d’eau présente à un moment donné, comment Massimiliano peut-il prévoir la sécheresse ? Pour ce faire, il a besoin de deux types d’informations différentes :

Tout d’abord, il a collecté toutes les données sur les quantités d’eau en Suisse depuis 1981. Elles lui ont permis de calculer la quantité « normale » d’eau à une période déterminée de l’année dans 307 régions du pays - par exemple, celle qui s’étend le long de la Limmat de Zurich à Untersiggenthal (AG).

Ensuite, Massimiliano a acheté les bulletins à long terme du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT). Contrairement à un service météorologique « normal », le CEPMMT fait des prévisions de pluie à 30 jours dans toute l’Europe.

Ces informations sont injectées par les hydrologues dans un modèle numérique, de même type que ceux pour les prévisions météorologiques. À partir de la quantité d’eau normale et de la pluie prévue par le CEPMMT, il calcule la quantité d’eau à l’avenir. Les résultats de ces opérations assez compliquées peuvent être consultés à la fin sur une carte en couleur de la Suisse.

Sur ce site, chacun peut facilement savoir si l’eau sera rare dans sa région au cours des quatre semaines suivantes. Le rouge signifie rareté, et le bleu abondance - toujours par rapport aux mêmes semaines du calendrier des années passées. Le vert indique que la quantité d’eau prévue se situe dans la plage normale.

 

Plus une zone est foncée, plus la prévision est certaine. Tout comme les prévisions météorologiques, les prévisions de sécheresse perdent en précision avec l’échéance. Cela s’explique principalement par le fait que les prévisions de pluie à long terme sont incertaines.

Il est particulièrement difficile de prévoir la pluie sur une petite zone: «Parfois, le temps est fantasque. Les modèles météorologiques ne peuvent pas dire exactement où un nuage déversera son contenu 30 jours plus tard», explique Massimiliano.

Avec son équipe, l’hydrologue vérifie régulièrement la qualité des prévisions de sécheresse. Jusqu’à une échéance de 20 jours, elles sont généralement correctes. On peut donc réellement prévoir la sécheresse. Mais Massimiliano veut améliorer le modèle numérique pour que les prévisions soient encore plus précises.

 

Attention à la sécheresse!

Les prévisions de Massimiliano sont disponibles sur la plateforme d’information secheresse.ch. Elles sont déjà utilisées par divers acteurs - par exemple, l’état-major sécheresse dans le canton de Thurgovie. Il s’agit d’un groupe d’experts de plusieurs domaines - forestiers, agriculteurs, pêcheurs, pompiers et policiers.

Lorsque des pénuries d’eau menacent, ce groupe se réunit chaque semaine pour discuter des prévisions de sécheresse. Il décide ensuite des mesures nécessaires pour économiser l’eau et éviter - dans la mesure du possible - les conséquences désastreuses de la sécheresse.

 

Pendant l’été 2018, le groupe d’experts a invité les habitants de Thurgovie à ne pas arroser la pelouse, laver la voiture ou remplir la piscine. De même, les agriculteurs n’étaient pas autorisés à puiser de l’eau dans les ruisseaux et les rivières, et les feux étaient interdits en forêt.

Dans un avenir proche, les prévisions de Massimiliano devraient être disponibles sur le portail suisse des risques naturels dangers-naturels.ch. Chacun pourra alors s’informer, non seulement des dangers d’inondations, d’incendies de forêt, d’avalanches, etc., mais aussi de sécheresse.

 

POUR EN SAVOIR PLUS

 

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